Internet explose

Confinement : Internet explose

Depuis mi-mars, les Français sont invités à rester chez eux.

La vidéo à la demande, les jeux vidéo et les sites porno ont littéralement explosé.

Au risque d’encombrer le réseau mondial et de créer une surchauffe énergétique.

Netflix le grand gagnant du confinement

Netflix a carrément vu ses souscriptions doubler ces derniers jours.

L’application a ainsi été téléchargée 8,3 millions de fois la semaine du 23 mars alors que d’habitude les téléchargements atteignent en moyenne les 4,7 millions, rapporte la société d’analyse d’audience mobile Sensor Tower.

Au point que la plateforme de films et de séries à la demande utilise à elle seule 25% du réseau Internet national.

Résultat : la résolution des vidéos est automatiquement limitée pour permettre au plus grand nombre de les regarder simultanément.

Plus largement, ce sont toutes les plateformes de VOD qui tirent leur épingle du jeu

Illustration avec la semaine du 23 mars : on comptait chaque jour en France 5 millions de streamers toutes plateformes confondues. Il y a un an ils étaient 2,7 millions, soit deux fois moins nombreux.

D’après des propos recueillis par Le Monde, la location et l’achat de vidéos à l’acte ont doublé.

“La demande a progressé de 50 %” informe Mathias Hautefort, directeur général de Netgem et propriétaire du service Videofutur.

“Ce sont des habitués, mais aussi un nouveau public.” ajoute-t-il.

Les sites porno glissent sur le succès

Parmi les autres grands gourmands de bande passante : les sites pornographiques.

Le site Porn Hub, l’un des leaders du secteur, avait indiqué fin février que ses demandes d’abonnement avaient explosé suite aux premières mesures de confinement.

Plusieurs sites de vidéos pornographiques ont apporté leur aide comme elles pouvaient en offrant gratuitement certaines offres aux habitants des régions les plus touchées par le coronavirus.

Porn Hub a par exemple annoncé mardi sur Tweeter qu’il avait offert une période d’abonnement premium aux résidents italiens. Puis à mesure que l’épidémie touchait d’autres pays, il a étendu l’offre aux Français et aux Espagnols.

Le site avait également indiqué vendredi que la consommation de vidéos avait augmenté significativement ces dernières semaines : +13,8% en Italie le mercredi 11 mars, par rapport à un mercredi normal.

Fait anecdotique : les habitudes des spectateurs ont changé, avec de nouveaux pics de consommation au coeur de la nuit et en fin de matinée.

Son concurrent XHamster a proposé de son côté un abonnement premium jusqu’à fin mars aux habitants de régions durement touchées comme la Lombardie et la Vénétie en Italie, mais aussi curieusement la ville de Téhéran, capitale de la République islamique d’Iran, ou encore Daegu en Corée du Sud.

Rien de très surprenant pour les psychologues puisqu’en période de peur, les gens expérimentent une sexualité exacerbée. Une façon de se sentir vivant et de nourrir le lien à l’autre. A voir si le nombre de naissances en décembre dépassera le nombre de divorces…

Les jeux vidéos saturent eux aussi le réseau

Autre passe-temps favori des Français : les jeux vidéos.

Particulièrement énergivores, les gamers se ruent sur des jeux tels que Fortnite qui a battu son record de nombre de joueurs.

“Nous avons remarqué une augmentation de plus de 70 % du trafic internet sur notre réseau, dont une très large part revient à des jeux vidéo en ligne multijoueurs tels que Fortnite” note Luigi Gubitosi, PDG de Telecom Italia.

Les autres services de jeu en streaming comme Blacknut, Shadow, Stadia ou GeForce Now ne sont pas en reste.

Apparemment les devoirs scolaires sont loin d’occuper les adolescents la journée entière.

Attention à la surchauffe énergétique !

Cette utilisation accrue des réseaux est particulièrement énergivore.

Entre autres, les data centers qui stockent les données utilisent une énergie folle pour refroidir et préserver leur matériel du risque de surchauffe.

C’est ce qui explique pourquoi les data centers choisissent souvent des pays froids comme destinations de prédilection, comme la Scandinavie par exemple.

Pour réguler cette consommation d’énergie faramineuse, des innovations voient le jour.

Un bel exemple : la start-up française Immersion 4 qui a trouvé une solution astucieuse pour réutiliser la chaleur des data centers.

Son fondateur Serge CONESA explique “En 2025, la consommation des data centers sera de l’ordre de 20% de la consommation électrique mondiale, de 10% de gaz à effet de serre, et une consommation d’un trilliard, soit 100 milliards de milliards de litres d’eau ! Immersion 4, en plongeant les serveurs dans un liquide, permet de s’affranchir de la pollution des data centers. On utilise la chaleur développée par ces data centers de façon à ce que celle-ci puisse être transformée, soit en chaud, soit en froid, soit en électricité”.